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Programmes Webnatifs : la TV française investit massivement YouTube

Avec 60 chaînes YouTube destinées à diffuser des programmes webnatifs (produits exclusivement pour Youtube ou pour le web), la TV française investit de plus en plus fréquemment la plate-forme de Google afin de toucher l’audience jeune, massivement présente sur le site.

60 contenus webnatifs par semaine financés par la TV et distribués sur YouTube

Dans un contexte où les 25 chaînes de la TNT françaises administrent 211 chaînes YouTube officielles, 60 de ces chaînes (28% de l’ensemble) sont dédiées à la diffusion de contenus produits exclusivement pour le web (source NPA Conseil). Les quatre premières semaines de septembre, ces 60 chaînes ont émis 241 vidéos originales, soit presque 9 vidéos/jour. Au total, ces vidéos ont généré 3,6 millions de vidéos vues, ce qui représente une moyenne de 15 100 vues/vidéo (avec de grandes disparités dans les quantités de visionnages).fParmi ces 60 chaînes, les collectifs Studio Bagel (Canal+) et Golden Moustache (M6) sont les plus populaires avec des communautés d’environ 2 millions d’abonnés. Une puissance de marque qui confère mécaniquement aux vidéos de ces chaînes un niveau de visibilité largement supérieur aux autres (les vidéos dépassent régulièrement le cap du million de vues). En deçà, 13 chaînes fédèrent des communautés de plus de 100 000 abonnés. Six d’entre elles appartiennent à l’écosystème Canal+, quatre à M6 et deux à France Télévisions. TF1, nouveau venu sur YouTube avec le lancement de la chaîne de Chris Marques le 2 septembre 2015 ne totalise pour le moment que 1800 abonnés, alors que la première chaîne classée pour Arte (Blow Up) fédère 25 000 abonnés.f

Si les chaînes du service public ne sont pas les championnes de l’audience YouTube, elles sont néanmoins les plus généreuses en nombre de distribution de contenus webnatifs. France Télévisions a ainsi diffusé 122 vidéos webnatives en septembre (dont 69 autour de CultureBox et 49 autour de Studio France Télévisions) et Arte en a diffusé 72 (dont 25 autour de la websérie Ploup) contre 36 pour M6, 6 pour Canal+ et 5 pour M6.

M6 et Canal+ génèrent le plus de vues/semaine

fGrâce à l’attractivité de leurs marques YouTube, les chaînes de M6 et Canal+ sont les plus consommées au mois de septembre 2015 avec 2,2 millions de vidéos vues pour le premier groupe (60 000 vues en moyenne/vidéo) et 741 000 pour le deuxième (123 000 vues en moyenne/vidéo). Faute de marque de référence forte, Arte et France Télévisions affichent des performances moindre avec une moyenne de 6 900 vues/vidéos pour Arte et 1 600 vues/vidéo pour France Télévisions).

Toujours au mois de septembre, en l’absence de la concurrence de Studio Bagel et de Golden Moustache dont les nouvelles saisons n’ont pas reprise (Golden Moustache a seulement diffusé une bande annonce et un bêtisier), c’est la chaîne féminine de M6, Rose Carpet, qui était la plus populaire avec un cumul de 1,2 millions de vues autour de 7 vidéos. Le magazine de Canal+, Clique prend la troisième position du classement grâce à une interview de Justin Bieber très regardée. Arte Creative – en quatrième position – se démarque cette rentrée grâce à plusieurs productions web événements : Osmosis, Ploup et Objectivement.

fSource : NPA Conseil

Fiction courte, musique, magazine et tutos concentrent les audiences

La hiérarchie des vidéos et des chaînes populaires fait apparaitre 4 tendances dans le domaine des productions YouTube à succès. Par ordre d’importance, en septembre 2015, la télévision produit des contenus YouTube à la fois:

Les groupes TV français, avec des stratégies proches en matière de genres valorisés (humour, tutoriaux, magazine, musique) intensifient donc leur présence sur YouTube, comme en témoigne la multiplication des chaînes dont certaines sont directement gérées des entités dédiées à la web création : Studio 4, Nouvelles écritures (France Télévisions), Arte Creative, Canal Factory, M6 Web ou TF1 Xtra.

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Bien que le nombre de visionnages générés par la majeure partie de ces chaînes soit très limité (souvent moins de 10 000 vues/vidéos avec des partages de revenus publicitaires qui se font au bénéfice de Google), l’enjeu pour la TV est de tester de nouveaux formats et de nouveaux talents, tout en assurant la promotion de marques TV pour mieux faire (re)venir les internautes vers des espaces mieux monétisés.