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Le printemps en octobre pour Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ?

Les signes de l’embellie étaient dans l’air depuis quelques temps déjà ; les chiffres de l’Observatoire des marchés publiés le 1er octobre par l’ARCEP leur ont donné une traduction tangible : après 10 trimestres de baisse, le niveau de la facture moyenne pour un abonnement fixe a connu un léger rebond (32,5€/mois au 2e trimestre 2015, contre 32.4€ au trimestre précédent). Et mieux encore, le mobile a renversé une glissade qui durait depuis 2010 : la facture moyenne était au 2e trimestre de 16,6€ au lieu de 16,2€.

Cette – encore timide – reprise de valeur coïncide avec la montée en puissance des réseaux très haut débit de nouvelle génération :

  • Sur le fixe, le très haut débit représente désormais près de 15% de l’ensemble des abonnements en France, avec des poids encore relativement proches de la fibre (mais portée par une croissance sensiblement plus forte) et du câble, et un agrégat principal câble / Vdsl dont l’ARCEP ne publie pas la répartition.

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  • Sur le mobile, la croissance exponentielle du parc d’abonnés 4G et le ralentissement parallèle de l’augmentation du parc 3G constituent un premier élément marquant.
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Moindre volatilité des abonnés

L’évolution du nombre de « numéros portés », c’est-à-dire conservés par un abonné à l’occasion d’un changement d’opérateur mérite également d’être soulignée, qui suggère pour le fixe comme pour le mobile une moindre volatilité des clients et une baisse du churn des opérateurs.

fAprès la période de guerre des prix ouverte début 2012 sur le marché du mobile (arrivée de Free Mobile) puis, dans une moindre mesure, sur celui du fixe (à l’initiative de Bouygues Télécom), ces observations suggèrent un mouvement de stabilisation dans le secteur des télécoms. Elles coïncident également avec l’appétence croissante pour les offres Très haut débit, laissant à supposer un déplacement des arbitrages de la part des consommateurs : une moindre focalisation sur le prix, au profit de la qualité de service.

Accélération à prévoir sur les contenus

Cette tendance, si elles se confirment, favorisera d’abord les opérateurs qui auront le plus investi sur leurs infrastructures. C’est à cette aune que l’on peut mesurer les objectifs fixés par Stéphane Richard dans le cadre du plan Essentiels 2020, le « plan d’investissement massif » pour le déploiement de la fibre et de la 4G annoncés avant l’été par SFR Numéricable, ou les prévisions exposées ces derniers jours par Bouygues Télécom (750 M€ d’investissements par an d’ici à 2017). Lors de la présentation de ses résultats pour le premier semestre 2015, Iliad / Free a lui aussi annoncé une « accélération de ses investissements dans les réseaux Très haut débit », et indiqué qu’il avait investi 613 M€ au 1er semestre pour un engagement prévu équivalent sur le second. Mais sans distinguer les montants consacrés au lancement de la mini Freebox 4K (constitution du stock) et ceux dévolus à l’amélioration des infrastructures.

Apporter à des consommateurs (légèrement) moins regardants les services donnant sa pleine valeur d’usage au Très haut débit devrait également favoriser de la part des opérateurs un retour vers les contenus : mouvements capitalistiques avec, comme dernière illustration en date, la montée de Vivendi au capital de Telecom Italia (à hauteur de 19,9%), mais aussi lancement de nouvelles offres. La SVoD devrait y tenir une bonne place (la rumeur enfle ces derniers jours d’une initiative prochaine de SFR sur le sujet). L’UHD (Ultra Haute Définition) a toute les chances également d’en profiter (avec une année 2016 riche en évènements sportifs – J.O. et Euro de football) de surcroit.